La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 3/9  «la mesure de la plaie »

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 3/9  «la mesure de la plaie »

Récit de bataille

La révolte du « camp des familles tizganes »

Épisode 3/9 : « la mesure de la plaie »

Par Pierre Chopinaud

Les épisodes de la série  sont tirés d’une conférence prononcée  par Pierre Chopinaud le 16 mai 2025 à Berlin pour  l’Institut Rom Européen pour l’art et la culture (Eriac).

 

(Précédemment…)

 » ce qui était maintenant certain, c’est que l’histoire dans laquelle j’avais grandi, l’histoire dont j’avais appris que j’étais comme un personnage, l’histoire dans laquelle s’est formée ma conscience, l’histoire dont la morale dit qui si la dignité humaine s’éteint dans une personne,  elle s’éteint pour toute l’humanité, parce que toute les vies méritent à égalité la dignité, l’histoire dont les principes et les valeurs disent que touts les vies humaines s’égalent en dignité et ont le droit à la sécurité et au bonheur d’autant plus si elles sont exposées à la haine politique, cette histoire allait perdre tout sens si je ne passais pas à l’action. En faisant quoi ? je ne savais pas encore. Sinon m’efforcer, avec d’autres, par les pouvoirs que j’avais, et qu’il me faudrait encore découvrir (que peut-on à 18 ans ?)      certainement que la réalité ressemble à l’idéal que nous rêvons. Faire coïncider le monde tel qu’il devrait être avec le monde tel qu’il est réellement, comme l’a dit le maître de l’organisation politique radicale, Martin Luther King lorsqu’il décrivait sa vision : j’ai eu un rêve. »

 

 « Ce n’est pas avec le pansement humanitaire de l’aide sociale, ni avec les sermons de la morale, qu’on soigne la plaie qui sépare le réel et l’idéal, c’est par l’instrument du pouvoir« 

L’écart entre l’idéal et le réel est la mesure de la plaie dont souffre la conscience. C’est par l’engagement et l’action qui va réduire cet écart que celui dont la conscience souffre guérit sa plaie. 

Mais ce n’est pas, suivant les préceptes de l’organisation politique radicale du Dr. King, avec le pansement humanitaire de l’aide sociale, ni avec les sermons de la morale, qu’on soigne la plaie qui sépare le réel et l’idéal, c’est par l’instrument du pouvoir. C’est ce que je vais expliquer en racontant l’histoire de romani resistance et du 16 mai 1944

Une chose qui aurait pu faire il y a vingt ans que la réalité ne soit pas celle que je vois, que la réalité, la mienne, la votre, ressemble plus à l’idéal qui est le notre, le monde que nous rêvons où égalité toutes les vies comptes, où à égalité toutes les vies sont pleurables ; une chose qui aurait pu faire que aujourd’hui, autour de moi, parmi mes proches et les gens qui comptent pour moi, une femme rom de 27 ans ne puisse pas être abattue de sang froid par des chasseurs sympathisants de Marine le Pen, avec son petit garçon à naîtrre dans son ventre, comme ce fut le cas en juin 2024 en France, dans la région du jura. Une chose qui aurait pu faire que le jeune angelo 37 ans , frère de mon amie Aurélie garand, jeune femme yéniche qui vit dans la ville de Blois, dans le centre de la France, ne soit éxécutée, le 17 mars 2017, par les forces spéciales de l’armée française parce que ces forces pour combattre le terrorisme font des entrâinement sur de « gitans ». Une chose qui aurait pu faire que la mère de mon amie Sue-Ellen Demestre, femme rom et voyeuse ne meure pas à cause du racisme environnemental parce qu’elle est assignée à vivre sur des aires d’accueil entre une cocnasserie et une bétonneuse. Cette chose, c’est la reconnaissance par les Etats d’Europe du génocide dont ont été victimes les roms, la manouches, les sintis, les gitans, les yéniches et les voyageurs durant la seconde guerre mondiale. Cette chose aurais pu faire qu’à Metrovica des roms ne meurent pas jusqu’en 2019  sous la repsonsabalité de l’ONU après que les nationalistes d’après aient assassisnées leurs proches et brûlé leurs maison. 

 

« Aujourd’hui en Europe, alors que partout l’extrême droite globale accède au pouvoir, la reconnaissance du génocide manque. »

 

Pourquoi cette chose ? Parce que lorsque les Etats reconnaissent qu’un groupe d’hommes et de femmes et d’enfants a été traité dans le passé comme s’ils n’appartenaient pas à l’humanité communauté, comme si leur meurtre ignoble et anonyme était le meurte d’un animal, par cette reconnaissance il redonne un nom et une sépulture aux défunts, leur rend une peu de leur dignité, et le réintègre par le mémoire de leur nom, et par la condamnation du crime dont ils ont été victime, dans la commune humanité et dans l’histoire. En rendant cette dignité aux morts il dit à leurs descendants que leur vie aujourd’hui compte. Et qu’elle doit être protégée, parce qu’elle est particulièrement exposée aux maladies politiques dont souffrent chroniquement nos sociétés, maladies de la haine raciale dont souffre chroniquement les Etats-nations qui alors menacent la sécurité, la vie des citoyens qui appartiennent à des minorité raciales en disant : vos vie ne comptent pas, vos morts nous ne pleureront pas. 

Aujourd’hui en Europe, alors que partout l’extrême droite globale accède au pouvoir, la reconnaissance du génocide manque.

 

« l’antitsiganisme est un des chemins que se trace le nouveau fascisme pour arriver à sa fin »

C’est précisément pour construire ce type de bouclier d’Etat, alors même qu’en France, Marine le Pen est aux portes du pouvoir, que je suis en train avec quelques  amis de fonder une nouvelle organisation de jeunesse romani qui se donne pour tâche d’obtenir par le gouvernement français la reconnaissance du génocide dont été victime les roms les manouches les sintés les yéniches et les voyageurs durant la seconde guerre mondiale. 

Car nous croyons, mais est-il encore temps ? qu’une telle reconnaissance par l’Etat, et la nation, contribuera à empêcher  l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite. Car l’antitsiganisme est un des chemins que se trace le nouveau fascisme pour arriver à sa fin. La reconnaissance du génocide par l’Etat et la nation, les partis et la société civile peut constituer une des antidotes.

« ce dont nous avons besoin c’est hier comme aujourd’hui, dans le nouveau monde dangereux dans lequel nous entrons, c’est de pouvoir pour agir collectivement et résister »

Je le redis : est-il encore temps ? En France, nous sommes à l’instant juste avant le retour de l’extrême droite au pouvoir. N’est il pas déjà trop tard ? Elle est là en Italie, en Hongrie, nous pouvons dire, en Amérique, n’en parlons pas, elle est plus forte que jamais en Allemagne, en Espagne. Il l’a à la fois toujours été trop tard comme il a toujours été encore temps. Quoi qu’il en soit, il y a urgence : la valeurs de nos vies et de celles qui nous sont proches en dépend.  Notre sécurité. Il y a urgence à créer du pouvoir. Car bientôt, il n’y a que sur nous et nos alliés que nous pourrons compter. 

De même pour que les Etats d’Europe reconnaissent le génocide dont ont été victime les roms les manouches les sintés, les yeniches et les voyageurs durant la seconde guerre mondiale, s’il était encore temps il n’y a pas assez des arguments de la morale ou de la responsabilité, ce dont nous avons besoin, c’est de pouvoir, pour le leur imposer. 

Et la campagne pour la reconnaissanc du génocide que je développe en France a en réalité moins pour objectif d’obtenir cette reconnaissance que de créer l’organisation du pouvoir qui va être capable d’agir pour le coup d’après. Car encore une fois ce dont nous avons besoin c’est hier comme auourd’hui, dans le nouveau monde dangereux dans lequel nous entrons, c’est de pouvoir pour agir collectivement et résister. 

C’est pour cela que nous avons besoin d’histoires comme celles de la révolte du camp des familles Tziganes du 16 mai 1994.

 (La suite dans le prochain épisode….)

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 2/9  « Le monde tel qu’il est réellement « 

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 2/9  « Le monde tel qu’il est réellement « 

Récit de bataille

La révolte du « camp des familles tizganes »

Épisode 2/9 : « le monde tel qu’il est réellement »

Par Pierre Chopinaud

Les épisodes de la série  sont tirés d’une conférence prononcée  par Pierre Chopinaud le 16 mai 2025 à Berlin pour  l’Institut Rom Européen pour l’art et la culture (Eriac).

 

(Précédemment…)

« Les histoires que j’entendais et que vous entendez certainement depuis l’enfance, les histoires et les grandes déclarations qui fondent la civilisation européenne contemporaine peuvent se résumer à un slogan, en une morale « plus jamais ça » ! Plus jamais des enfants, des hommes, et des femmes ne doivent être placés dans l’état de détresse où d’indignité où ils ont été placés par les haines racistes et nationalistes dans la seconde guerre mondiale. Or ici, quelque part en Europe, les enfants, les femmes, et les hommes d’une minorité nationale avaient presqu’intégralement été chassés de la terre, du pays auxquels ils appartenaient, par les haines racistes et nationalistes, et ceux qui restaient achevaient de mourir sous la responsabilité de l’organisation des nations unies chargées de les protéger, dans un état affaiblissement collectif organisé qui n’avait pas d’équivalent en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale » 

 

 

 « Aujourd’hui les minorités romanis d’Ukraine sont exposés à être effacés du présent et du passé de la nation  à laquelle ils appartiennent »

« Plus jamais ça » ? Disait depuis l’enfance, la morale de l’histoire de l’Europe. Or ici et maintenant, devant moi, c’était encore ça dans la réalité. C’était encore ça en particulier pour des enfants, des femmes et hommes dont il y avait 60 ans, les ancêtres avait été victimes du génocide perpérté par la haine raciale de l’Etat allemand Nazi et de ses Etats alliés et collaborateurs. 

Je tiens à préciser, que 20 ans après, aujourd’hui c’est encore ça, pour les minorités romanis d’Ukraine, tant dans les régions envahis de l’Est par l’armée de la Russie agresseur, que dans les territoires du centre et de l’Ouest encore protégés, qui sont exposés à être effacés du présent et du passé de la nation  à laquelle ils appartiennent. 

.

« Est-ce-à-dire que l’Europe souffrait encore du même mal ? Est-ce que la morale de l’histoire de l’Europe contemporaine était une mauvaise fable ? « 

 

En tant qu’outsider, la situation dont j’étais le témoin mettait en question ma propre histoire, ma propre identité, de français, d’européen, les principes et les valeurs dans lesquels j’avais été élevé. Comment est ce possible que ici en Europe,  des hommes, des femmes, des enfants dont les ancêtres ont été victimes, au même titre que les hommes, les femmes, et les enfants juifs d’Europe, du crime immense au nom de la mémoire duquel l’Europe moderne s’est refondée, puissent se retrouver ainsi chassée de leur terre, assassinée, abandonnée, victimes des Etats auxquels ils appartiennent, sous la responsabilités des Nations Unies, et dans l’indifférence de la  consciences des peuples ?

Comment était ce possible que des hommes, des enfants et des femmes dont les corps des  parents, des grands-parents avaient,  il y avait 60 ans été réduits à des vies qui ne valent rien,  les puissances nationalistes gouvernementales, les extrêmes droites, les fascismes, avec un large consentement des élites et des peuples, puissent 60 ans après  être rejetées en dehors de la condition d’humaine et de la dignité qui, comme un droit naturel, lui appartient ?

 

 Est-ce-à-dire que l’Europe souffrait encore du même mal ? Est-ce que la morale de l’histoire de l’Europe contemporaine était une mauvaise fable ? 

Comment regarder cette question maintenant, encore vingt après, quand les extrême-droites, les fascismes, reviennent au pouvoir, les uns après les autres, dans les pays d’Europe. 

 

 

« Faire coïncider le monde tel qu’il devrait être avec le monde tel qu’il est réellement, comme l’a dit le maître de l’organisation politique radicale, Martin Luther King lorsqu’il décrivait sa vision »

 

Pour moi la morale des petites histoires que j’avais entendues là-bas, il y a 20 ans, lorsque j’avais 18 ans, c’est que ma vie devant prendre une certaine direction. Je ne savais pas précisément laquelle encore. Mais ce qui était maintenant certain, c’est que l’histoire dans laquelle j’avais grandi, l’histoire dont j’avais appris que j’étais comme un personnage, l’histoire dans laquelle s’est formée ma conscience, l’histoire dont la morale dit qui si la dignité humaine s’éteint dans une personne,  elle s’éteint pour toute l’humanité, parce que toute les vies méritent à égalité la dignité, l’histoire dont les principes et les valeurs disent que touts les vies humaines s’égalent en dignité et ont le droit à la sécurité et au bonheur d’autant plus si elles sont exposées à la haine politique, cette histoire allait perdre tout sens si je ne passais pas à l’action. En faisant quoi ? je ne savais pas encore. Sinon m’efforcer, avec d’autres, par les pouvoirs que j’avais, et qu’il me faudrait encore découvrir (que peut-on à 18 ans ?)      certainement que la réalité ressemble à l’idéal que nous rêvons. Faire coïncider le monde tel qu’il devrait être avec le monde tel qu’il est réellement, comme l’a dit le maître de l’organisation politique radicale, Martin Luther King lorsqu’il décrivait sa vision : j’ai eu un rêve.

 (La suite dans le prochain épisode….)

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 1/9  » une histoire de pouvoir pour le présent »

Récit de bataille

« La révolte du camp des familles tizganes »

Épisode 1/9 : « Une histoire de pouvoir pour le présent »

Par Pierre Chopinaud

Les épisodes de la série  sont tirés d’une conférence prononcée  par Pierre Chopinaud le 16 mai 2025 à Berlin pour  l’Institut Rom Européen pour l’art et la culture (Eriac).

 

 

 

 « Le choix de se révolter ou de se soumettre c’est de ça dont je vais vous parler, en vous parlant de la révoltes des prisonniers du camp des familles Tziganes d’Auscwhitz-Birkenau, le 16 mai 1944 »

Je m’appelle Pierre Chopinaud. Je suis un écrivain. J’écris des romans en langue française qui racontent les drames intimes qui agitent le cœur des hommes et des femmes mais aussi les grands drames historiques que traversent depuis ses débuts l’humanité. Les histoires que j’imagine sont traversées par la guerre en ex-yougoslavie, la seconde guerre mondiale, mais aussi les guerres des perses contre les grecs pendant l’antiquité. Surtout dans les romans que j’écris je raconte comment ces grands drames de l’histoire humaine entrent dans le cœur des hommes et des femmes et agissent sur leur destinées, les décisions qu’ils prennent, le choix de se révolter ou de soumettre, d’être indifférent ou de s’engager, pour soi, ou pour les autres. 

Au fond c’est de ça aujourd’hui chers amis dont je vais vous parler, en vous disant quelques mots de la révoltes des prisonniers du camp des familles Tziganes d’Auscwhitz-Birkenau, le 16 mai 1944, et du mouvement romani resistance que j’ai co-fondé entre 2010 et 2015, en France, à Paris ou plus exactement, dans la banlieue nord de Paris, à Saint-Denis, qui est aussi le lieu où il est fait mention pour la première fois de la présence en 1427 de personnes romanis en France.

« L’organisation politique radicale c’est un art qui consiste pour des personnes en situation de subalternité, à construire du pouvoir pour rétablir la justice et réconquérir leur dignité »

 

Je vous parle aujourd’hui en tant qu’organisateur politique radical car c’est à ce titre que j’ai co-fondé le mouvement du 16 mai.  L’organisation politique radicale c’est un art qui consiste pour des personnes en situation de subalternité, à construire du pouvoir pour rétablir la justice et réconquérir leur dignité. La maxime fondamentale de cet art politique c’est « il n’y pas de justice sans pouvoir ». Ce à quoi j’ai personnellement ajouté en tant que slogan de l’organisation Conatus que j’ai fondé pour exercé collectivement cet art : « les derniers sont les premiers ». C’est un slogan que j’emprunte à la bible, au nouveau testament, à Jésus Christ si vous voulez, mais je le tiens plus précisément du Pasteur Martin Luther King, organisateur politique radical, qui a été un des leaders du mouvement des africain américain pour les droits civiques. Si l’organisation politique radicale est comme un art martial, Martin Luther King, et sa révolution non violente, est notre Bruce Lee. 

Je vous parle de ça car le mouvement romani résistance, le mouvement du 16 mai, l’histoire de la révolte du « camps des familles tziganes  d’Auschwitz-Birkenau », le 16 mai 1944, est une histoire de pouvoir. Plus exactement cela raconte comme utiliser l’histoire et les histoires comme une technique de leadership pour construire du pouvoir, et œuvrer à la justice, non seulement, la justice mémorielle, mais la justice pour maintenant. 

 

« Les hommes et les femmes et les enfants qui arrivaient dans la commune depuis le kosovo voisin où venait de s’achever la guerre sur terre et la campagne de bombardement »

 

A l’âge de 17 ans, où j’ai commencé à être un peu aventurier. C’était précisément ma dernière année de lycée, et c’était aussi l’année de la guerre du Kosovo où les gouvernements européens et américains bombardaient la Serbie et le Kosovo pour mettre fin à cette guerre. J’étais perplexe devant les excès de la propagande d’Etat dans mon pays qui justifiait cette campagne de bombardement. Comme je voulais devenir écrivain et faire de la politique,  j’ai décidé que ma place était au milieu des gens là-bas à essayer de me rendre utile au milieu de la catastrophe, et que j’apprendrai plus là-bas qu’en allant écouter des gens savants parler à l’université. 

 

Là-bas fut ma première profonde et longue rencontre avec des homme, des femmes romanis. J’avais dix-huit ans. J’étais dans la commune de Suto Orizari, que la plupart d’entre vous j’imagine connaissent. Lieux extraordinaire dans la banlieue de Skopje, capitale de la Macédoine du Nord, seule commune au monde à l’intégralité du conseil municipal, dont le maire, appartient à la nation  romani, où les enfants et les adolescents dans les écoles et les collèges apprendre en romani la la langue romani littéraire écrite par ailleurs par des artistes qui habitent, pour certains, dans leur rue, dans leur quartier, la langue que chacun parle, dans ses différentes variantes locales, au magasin, à l’hôpital, sur le marché. Langue par ailleurs que là bas j’ai apprise et que je parle maintenant plus de vingt ans après quotidiennement avec ma fille. J’étais accueilli  là-bas dans une petite organisation sociale dont la majorité des employés étaient romani et qui s’occupait d’identifier, enregistrer, accompagner dans l’accès à leurs droits, les hommes et les femmes et les enfants qui arrivaient dans la commune depuis le kosovo voisin où venait de s’achever la guerre sur terre et la campagne de bombardement. 

Les histoires que j’entendais et que vous entendez certainement depuis l’enfance, les histoires et les grandes déclarations qui fondent la civilisation européenne contemporaine peuvent se résumer à un slogan, en une morale « plus jamais ça » !

J’ai alors  écouté les récits que les gens faisaient de la guerre aussi absurde que violente qui les avaient chassés de la terre à laquelle ils appartenaient, depuis des siècles, au milieu de l’Europe. J’ai senti, confusément d’abord, c’est-à-dire, dans mon cœur, que les principes et les valeurs portées par les histoires que depuis l’enfance partout, j’entendais, à l’école, dans les livres, les principes et les valeurs qui fondent l’Europe, en tant que civilisation, n’étaient ici d’aucune réalité : la dignité de chaque être qui doit être protégée par le droit qui lui appartient, parce qu’il est un homme, ou une femme, ou un enfant : la dignité que se doit de garantir en chacun institutions, les Etats, les Organisations Internationales, la Commission Européenne. 

« Or ici, quelque part en Europe, les enfants, les femmes, et les hommes d’une minorité nationale avaient presqu’intégralement été chassés de la terre, du pays auxquels ils appartenaient, par les haines racistes et nationalistes »

Toutes les histoires, toutes les grandes déclarations étaient ici lettre morte en face des petites récits des gens qui nous racontaient la détresse au milieu de laquelle ils étaient et plus encore la détresse de ceux qui n’avaient pu partir, et qui étaient restés, au milieu de la haine nationalistes des uns et des autres. Et surtout au milieu des armes, du feu qui ne s’était pas tout à fait éteint dans la ville de Mitrovica, dans le nord du Kosovo, où des hommes, des femmes, des enfants, romani étaient protégées par l’ONU, dans un camp, construit sur une terre empoisonnée par le plomb, qui, alors même qu’ils avaient survécu à l’incendie de leur quartier, à la folie meurtrière des nationalistes d’un camp et de l’autre, le tuaient, lentement, par en-dessous, si je puis dire, sous la responsabilité de l’organisation intergouvernemental fondée après la seconde guerre mondiale pour protéger les enfants, les hommes, et les femmes, lorsqu’ils sont mis en danger par l’Etat dont ils sont les citoyens. Le contingent de l’Onu responsable de cette catastrophe était français, je sentais dans mon cœur que par ce désastre j’étais particulièrement concerné. 

Les histoires que j’entendais et que vous entendez certainement depuis l’enfance, les histoires et les grandes déclarations qui fondent la civilisation européenne contemporaine peuvent se résumer à un slogan, en une morale « plus jamais ça » ! Plus jamais des enfants, des hommes, et des femmes ne doivent être placés dans l’état de détresse où d’indignité où ils ont été placés par les haines racistes et nationalistes dans la seconde guerre mondiale. Or ici, quelque part en Europe, les enfants, les femmes, et les hommes d’une minorité nationale avaient presqu’intégralement été chassés de la terre, du pays auxquels ils appartenaient, par les haines racistes et nationalistes, et ceux qui restaient achevaient de mourir sous la responsabilité de l’organisation des nations unies chargées de les protéger, dans un état affaiblissement collectif organisé qui n’avait pas d’équivalent en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale. 

 (La suite dans le prochain épisode….)

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.