La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 4/9  «les vies qui ne valent rien ? »

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 4/9  «les vies qui ne valent rien ? »

Récit de bataille

La révolte du « camp des familles tizganes »

Épisode 4/9 : « les vies qui ne valent rien ? »

Par Pierre Chopinaud

Les épisodes de la série  sont tirés d’une conférence prononcée  par Pierre Chopinaud le 16 mai 2025 à Berlin pour  l’Institut Rom Européen pour l’art et la culture (Eriac).

 

récédemment…)

« De même pour que les Etats d’Europe reconnaissent le génocide dont ont été victime les roms les manouches les sintés, les yeniches et les voyageurs durant la seconde guerre mondiale, s’il était encore temps il n’y a pas assez des arguments de la morale ou de la responsabilité, ce dont nous avons besoin, c’est de pouvoir, pour le leur imposer. Et la campagne pour la reconnaissanc du génocide que je développe en France a en réalité moins pour objectif d’obtenir cette reconnaissance que de créer l’organisation du pouvoir qui va être capable d’agir pour le coup d’après. Car encore une fois ce dont nous avons besoin c’est hier comme auourd’hui, dans le nouveau monde dangereux dans lequel nous entrons, c’est de pouvoir pour agir collectivement et résister. C’est pour cela que nous avons besoin d’histoires comme celles de la révolte du camp des familles Tziganes du 16 mai 1944.« 

 

 « La politique du gouvernement français à leur égard était indigne et ne voulait dire  qu’une chose : vos vies ne valent rien.« 

D’où cette histoire nous est elle arrivée ?

Quand je suis rentré de Suto Orizari, à Paris, pour répondre à l’impératif que j’éprouvais d’agir je suis allé à la rencontre d’activistes romani et j’ai fait la connaissance de celui qui alors allait devenir le compagnon de route de nombreuses batailles : Saimir Mile. Il venait de fonder l’organisation  La voix des rroms. 

A Paris en 2010, beaucoup de gens arrivaient de Bulgarie et de Roumanie et s’installaient en attendant dans des petits bidonvilles autour de Paris. La politique du gouvernement français à leur égard était indigne et ne voulait dire  qu’une chose : vos vies ne valent rien. 

Comme nous étions la seule organisation romani active et identifiée à Paris, les gens faisaient appel à nous.  

 

 

« tout le pouvoir d’un Etat contre nous qui utilisait les forces de son droit, de sa police, sa capacité de diffuser la haine raciale« 

 

C’était un combat difficile, en face de forces très puissantes, tout le pouvoir d’un Etat contre nous qui utilisait les forces de son droit, de sa police, sa capacité de diffuser la haine raciale dans la société pour légitimer son action. Et avec ça, il détruisait les habitats des gens, employait la brutalité policière contre des femmes et des enfants, faisait monter de force de force les gens dans des charters en séparant les enfants et les parents. C’était déchirant, indigne, révoltant. C’était un peu le Trump de 2025 15 ans avant. 

 

« Nous étions comme le petit berger David en face du puissant géant Goliath. Et nous savions que les seules ressources sur lesquelles nous pouvions compter c’était celle que nous avions et celles qu’avaient les gens autour de nous »

Nous l’avions dit à l’époque. En face de ce pouvoir d’Etat autoritaire et préfasciste, nous étions petits, bien que nous remportions parfois des petites victoires sur le terrain, nous nous sentions le plus souvent impuissant et épuisé. Les condamnations même de la France par la Commission Européenne et par l’ONU n’avaient aucun effet sur la réalité. Nous étions comme le petit berger David en face du puissant géant Goliath. Et nous savions que les seules ressources sur lesquelles nous pouvions compter c’était celle que nous avions et celles qu’avaient les gens autour de nous : ceux précisément qui avaient besoin pour leur vie du changement que ensemble nous recherchions à réaliser. 

« c’est de cela qu’il s’agit dans l’histoire du 16 mai : le pouvoir dont tous ensemble nous avons besoin, il n’est pas à l’extérieur de nous-même, il est dans nos gens »

Nous avions qu’une voie pour nous en sortir, c’était la voie décrite par le maître de l’organisation politique radicale, le Docteur Martin Luther King : transformer les pauvres ressources dont nous disposions en les armes dont nous avions besoin pour obtenir le changement que nous recherchions. En un mot : nous avions besoin  de donner aux  gens qui souffraient le courage de passer à l’action. Car et c’est de cela qu’il s’agit dans l’histoire du 16 mai : le pouvoir dont tous ensemble nous avons besoin, il n’est pas à l’extérieur de nous-même, il est dans nos gens. C’est avec eux qu’il nous faut le créer, hier comme maintenant. C’est dans le cœur et dans les mains de ceux qui avec nous souffrent de la réalité qu’est le pouvoir de la transformer. 

« le pouvoir de raconter des histoires est le pouvoir propre de la parole, dont est capable quiconque possède une langue, une tête, et un cœur. »

Ainsi nous avions besoin, et vous avez encore besoin, de trouver le moyen de donner le courage aux gens de passer à l’action, nous avions besoin de développer, par le leadership, leur agentivité, comme on dit à l’université. 

Or parmi les techniques de leadership qu’on utilise, dans l’organisation politique radicale, pour entraîner les gens à agir il y a le pouvoir de raconter des histoires, qui est le pouvoir propre de la parole, dont est capable quiconque possède une langue, une tête, et un cœur. 

Ecouter les discours de Martin Luther King, écoutez à les entendre ce qui fait votre cœur vibrer, vous fait pleurer, non de tristesse, mais de la joie qui éprouve celui qui va s’engager. 

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 (La suite dans le prochain épisode….)

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 3/9  «la mesure de la plaie? « 

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 3/9  «la mesure de la plaie? « 

photo : Angela Rostas, femmes rrom assassinée en 2024 par des sympathisants du RN, crédit @EricRoset

Récit de bataille

La révolte du « camp des familles tizganes »

Épisode 3/9 : « la mesure de la plaie »

Par Pierre Chopinaud

Les épisodes de la série  sont tirés d’une conférence prononcée  par Pierre Chopinaud le 16 mai 2025 à Berlin pour  l’Institut Rom Européen pour l’art et la culture (Eriac).

 

Angela Rostas, jeune femme rrom assassinée par des sympathisants du RN en 2024. Photo @Eric Roset

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«  ce qui était maintenant certain, c’est que l’histoire dans laquelle j’avais grandi, l’histoire dont j’avais appris que j’étais comme un personnage, l’histoire dans laquelle s’est formée ma conscience, l’histoire dont la morale dit qui si la dignité humaine s’éteint dans une personne,  elle s’éteint pour toute l’humanité, parce que toute les vies méritent à égalité la dignité, l’histoire dont les principes et les valeurs disent que touts les vies humaines s’égalent en dignité et ont le droit à la sécurité et au bonheur d’autant plus si elles sont exposées à la haine politique, cette histoire allait perdre tout sens si je ne passais pas à l’action. En faisant quoi ? je ne savais pas encore. Sinon m’efforcer, avec d’autres, par les pouvoirs que j’avais, et qu’il me faudrait encore découvrir (que peut-on à 18 ans ?)      certainement que la réalité ressemble à l’idéal que nous rêvons. Faire coïncider le monde tel qu’il devrait être avec le monde tel qu’il est réellement, comme l’a dit le maître de l’organisation politique radicale, Martin Luther King lorsqu’il décrivait sa vision : j’ai eu un rêve. »

 

 « Ce n’est pas avec le pansement humanitaire de l’aide sociale, ni avec les sermons de la morale, qu’on soigne la plaie qui sépare le réel et l’idéal, c’est par l’instrument du pouvoir« 

Mais ce n’est pas, suivant les préceptes de l’organisation politique radicale du Dr. King, avec le pansement humanitaire de l’aide sociale, ni avec les sermons de la morale, qu’on soigne la plaie qui sépare le réel et l’idéal, c’est par l’instrument du pouvoir. C’est ce que je vais expliquer en racontant l’histoire de romani resistance et du 16 mai 1944

Une chose qui aurait pu faire il y a vingt ans que la réalité ne soit pas celle que je vois, que la réalité, la mienne, la votre, ressemble plus à l’idéal qui est le notre, le monde que nous rêvons où égalité toutes les vies comptes, où à égalité toutes les vies sont pleurables ; une chose qui aurait pu faire que aujourd’hui, autour de moi, parmi mes proches et les gens qui comptent pour moi, une femme rom de 27 ans ne puisse pas être abattue de sang froid par des chasseurs sympathisants de Marine le Pen, avec son petit garçon à naîtrre dans son ventre, comme ce fut le cas en juin 2024 en France, dans la région du jura. Une chose qui aurait pu faire que le jeune angelo 37 ans , frère de mon amie Aurélie garand, jeune femme yéniche qui vit dans la ville de Blois, dans le centre de la France, ne soit éxécutée, le 17 mars 2017, par les forces spéciales de l’armée française parce que ces forces pour combattre le terrorisme font des entrâinement sur de « gitans ». Une chose qui aurait pu faire que la mère de mon amie Sue-Ellen Demestre, femme rom et voyeuse ne meure pas à cause du racisme environnemental parce qu’elle est assignée à vivre sur des aires d’accueil entre une cocnasserie et une bétonneuse. Cette chose, c’est la reconnaissance par les Etats d’Europe du génocide dont ont été victimes les roms, la manouches, les sintis, les gitans, les yéniches et les voyageurs durant la seconde guerre mondiale. Cette chose aurais pu faire qu’à Metrovica des roms ne meurent pas jusqu’en 2019  sous la repsonsabalité de l’ONU après que les nationalistes d’après aient assassisnées leurs proches et brûlé leurs maison.

 

 

« Aujourd’hui en Europe, alors que partout l’extrême droite globale accède au pouvoir, la reconnaissance du génocide manque« 

Pourquoi cette chose ? Parce que lorsque les Etats reconnaissent qu’un groupe d’hommes et de femmes et d’enfants a été traité dans le passé comme s’ils n’appartenaient pas à l’humanité communauté, comme si leur meurtre ignoble et anonyme était le meurte d’un animal, par cette reconnaissance il redonne un nom et une sépulture aux défunts, leur rend une peu de leur dignité, et le réintègre par le mémoire de leur nom, et par la condamnation du crime dont ils ont été victime, dans la commune humanité et dans l’histoire. En rendant cette dignité aux morts il dit à leurs descendants que leur vie aujourd’hui compte. Et qu’elle doit être protégée, parce qu’elle est particulièrement exposée aux maladies politiques dont souffrent chroniquement nos sociétés, maladies de la haine raciale dont souffre chroniquement les Etats-nations qui alors menacent la sécurité, la vie des citoyens qui appartiennent à des minorité raciales en disant : vos vie ne comptent pas, vos morts nous ne pleureront pas

 

« l’antitsiganisme est un des chemins que se trace le nouveau fascisme pour arriver à sa fin »

C’est précisément pour construire ce type de bouclier d’Etat, alors même qu’en France, Marine le Pen est aux portes du pouvoir, que je suis en train avec quelques  amis de fonder une nouvelle organisation de jeunesse romani qui se donne pour tâche d’obtenir par le gouvernement français la reconnaissance du génocide dont été victime les roms les manouches les sintés les yéniches et les voyageurs durant la seconde guerre mondiale.

Car nous croyons, mais est-il encore temps ? qu’une telle reconnaissance par l’Etat, et la nation, contribuera à empêcher  l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite. Car l’antitsiganisme est un des chemins que se trace le nouveau fascisme pour arriver à sa fin. La reconnaissance du génocide par l’Etat et la nation, les partis et la société civile peut constituer une des antidotes.

« ce dont nous avons besoin c’est hier comme aujourd’hui, dans le nouveau monde dangereux dans lequel nous entrons, c’est de pouvoir pour agir collectivement et résister« 

Je le redis : est-il encore temps ? En France, nous sommes à l’instant juste avant le retour de l’extrême droite au pouvoir. N’est il pas déjà trop tard ? Elle est là en Italie, en Hongrie, nous pouvons dire, en Amérique, n’en parlons pas, elle est plus forte que jamais en Allemagne, en Espagne. Il l’a à la fois toujours été trop tard comme il a toujours été encore temps. Quoi qu’il en soit, il y a urgence : la valeurs de nos vies et de celles qui nous sont proches en dépend.  Notre sécurité. Il y a urgence à créer du pouvoir. Car bientôt, il n’y a que sur nous et nos alliés que nous pourrons compter.

De même pour que les Etats d’Europe reconnaissent le génocide dont ont été victime les roms les manouches les sintés, les yeniches et les voyageurs durant la seconde guerre mondiale, s’il était encore temps il n’y a pas assez des arguments de la morale ou de la responsabilité, ce dont nous avons besoin, c’est de pouvoir, pour le leur imposer.

Et la campagne pour la reconnaissanc du génocide que je développe en France a en réalité moins pour objectif d’obtenir cette reconnaissance que de créer l’organisation du pouvoir qui va être capable d’agir pour le coup d’après. Car encore une fois ce dont nous avons besoin c’est hier comme auourd’hui, dans le nouveau monde dangereux dans lequel nous entrons, c’est de pouvoir pour agir collectivement et résister.

C’est pour cela que nous avons besoin d’histoires comme celles de la révolte du camp des familles Tziganes du 16 mai 1994.

 (La suite dans le prochain épisode….)

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 2/9  « Le monde tel qu’il est réellement « 

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 2/9  « Le monde tel qu’il est réellement « 

Récit de bataille

La révolte du « camp des familles tizganes »

Épisode 2/9 : « le monde tel qu’il est réellement »

Par Pierre Chopinaud

Les épisodes de la série  sont tirés d’une conférence prononcée  par Pierre Chopinaud le 16 mai 2025 à Berlin pour  l’Institut Rom Européen pour l’art et la culture (Eriac).

 

(Précédemment…)

« Les histoires que j’entendais et que vous entendez certainement depuis l’enfance, les histoires et les grandes déclarations qui fondent la civilisation européenne contemporaine peuvent se résumer à un slogan, en une morale « plus jamais ça » ! Plus jamais des enfants, des hommes, et des femmes ne doivent être placés dans l’état de détresse où d’indignité où ils ont été placés par les haines racistes et nationalistes dans la seconde guerre mondiale. Or ici, quelque part en Europe, les enfants, les femmes, et les hommes d’une minorité nationale avaient presqu’intégralement été chassés de la terre, du pays auxquels ils appartenaient, par les haines racistes et nationalistes, et ceux qui restaient achevaient de mourir sous la responsabilité de l’organisation des nations unies chargées de les protéger, dans un état affaiblissement collectif organisé qui n’avait pas d’équivalent en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale » 

 

 

 « Aujourd’hui les minorités romanis d’Ukraine sont exposés à être effacés du présent et du passé de la nation  à laquelle ils appartiennent »

« Plus jamais ça » ? Disait depuis l’enfance, la morale de l’histoire de l’Europe. Or ici et maintenant, devant moi, c’était encore ça dans la réalité. C’était encore ça en particulier pour des enfants, des femmes et hommes dont il y avait 60 ans, les ancêtres avait été victimes du génocide perpérté par la haine raciale de l’Etat allemand Nazi et de ses Etats alliés et collaborateurs. 

Je tiens à préciser, que 20 ans après, aujourd’hui c’est encore ça, pour les minorités romanis d’Ukraine, tant dans les régions envahis de l’Est par l’armée de la Russie agresseur, que dans les territoires du centre et de l’Ouest encore protégés, qui sont exposés à être effacés du présent et du passé de la nation  à laquelle ils appartiennent. 

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« Est-ce-à-dire que l’Europe souffrait encore du même mal ? Est-ce que la morale de l’histoire de l’Europe contemporaine était une mauvaise fable ? « 

 

En tant qu’outsider, la situation dont j’étais le témoin mettait en question ma propre histoire, ma propre identité, de français, d’européen, les principes et les valeurs dans lesquels j’avais été élevé. Comment est ce possible que ici en Europe,  des hommes, des femmes, des enfants dont les ancêtres ont été victimes, au même titre que les hommes, les femmes, et les enfants juifs d’Europe, du crime immense au nom de la mémoire duquel l’Europe moderne s’est refondée, puissent se retrouver ainsi chassée de leur terre, assassinée, abandonnée, victimes des Etats auxquels ils appartiennent, sous la responsabilités des Nations Unies, et dans l’indifférence de la  consciences des peuples ?

Comment était ce possible que des hommes, des enfants et des femmes dont les corps des  parents, des grands-parents avaient,  il y avait 60 ans été réduits à des vies qui ne valent rien,  les puissances nationalistes gouvernementales, les extrêmes droites, les fascismes, avec un large consentement des élites et des peuples, puissent 60 ans après  être rejetées en dehors de la condition d’humaine et de la dignité qui, comme un droit naturel, lui appartient ?

 

 Est-ce-à-dire que l’Europe souffrait encore du même mal ? Est-ce que la morale de l’histoire de l’Europe contemporaine était une mauvaise fable ? 

Comment regarder cette question maintenant, encore vingt après, quand les extrême-droites, les fascismes, reviennent au pouvoir, les uns après les autres, dans les pays d’Europe. 

 

 

« Faire coïncider le monde tel qu’il devrait être avec le monde tel qu’il est réellement, comme l’a dit le maître de l’organisation politique radicale, Martin Luther King lorsqu’il décrivait sa vision »

 

Pour moi la morale des petites histoires que j’avais entendues là-bas, il y a 20 ans, lorsque j’avais 18 ans, c’est que ma vie devant prendre une certaine direction. Je ne savais pas précisément laquelle encore. Mais ce qui était maintenant certain, c’est que l’histoire dans laquelle j’avais grandi, l’histoire dont j’avais appris que j’étais comme un personnage, l’histoire dans laquelle s’est formée ma conscience, l’histoire dont la morale dit qui si la dignité humaine s’éteint dans une personne,  elle s’éteint pour toute l’humanité, parce que toute les vies méritent à égalité la dignité, l’histoire dont les principes et les valeurs disent que touts les vies humaines s’égalent en dignité et ont le droit à la sécurité et au bonheur d’autant plus si elles sont exposées à la haine politique, cette histoire allait perdre tout sens si je ne passais pas à l’action. En faisant quoi ? je ne savais pas encore. Sinon m’efforcer, avec d’autres, par les pouvoirs que j’avais, et qu’il me faudrait encore découvrir (que peut-on à 18 ans ?)      certainement que la réalité ressemble à l’idéal que nous rêvons. Faire coïncider le monde tel qu’il devrait être avec le monde tel qu’il est réellement, comme l’a dit le maître de l’organisation politique radicale, Martin Luther King lorsqu’il décrivait sa vision : j’ai eu un rêve.

 (La suite dans le prochain épisode….)

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 1/9  » une histoire de pouvoir pour le présent »

La révolte du « camp des familles tziganes » : épisode 1/9  » une histoire de pouvoir pour le présent »

Récit de bataille

« La révolte du camp des familles tizganes »

Épisode 1/9 : « Une histoire de pouvoir pour le présent »

Par Pierre Chopinaud

Les épisodes de la série  sont tirés d’une conférence prononcée  par Pierre Chopinaud le 16 mai 2025 à Berlin pour  l’Institut Rom Européen pour l’art et la culture (Eriac).

 

 

 

 « Le choix de se révolter ou de se soumettre c’est de ça dont je vais vous parler, en vous parlant de la révoltes des prisonniers du camp des familles Tziganes d’Auscwhitz-Birkenau, le 16 mai 1944 »

Je m’appelle Pierre Chopinaud. Je suis un écrivain. J’écris des romans en langue française qui racontent les drames intimes qui agitent le cœur des hommes et des femmes mais aussi les grands drames historiques que traversent depuis ses débuts l’humanité. Les histoires que j’imagine sont traversées par la guerre en ex-yougoslavie, la seconde guerre mondiale, mais aussi les guerres des perses contre les grecs pendant l’antiquité. Surtout dans les romans que j’écris je raconte comment ces grands drames de l’histoire humaine entrent dans le cœur des hommes et des femmes et agissent sur leur destinées, les décisions qu’ils prennent, le choix de se révolter ou de soumettre, d’être indifférent ou de s’engager, pour soi, ou pour les autres. 

Au fond c’est de ça aujourd’hui chers amis dont je vais vous parler, en vous disant quelques mots de la révoltes des prisonniers du camp des familles Tziganes d’Auscwhitz-Birkenau, le 16 mai 1944, et du mouvement romani resistance que j’ai co-fondé entre 2010 et 2015, en France, à Paris ou plus exactement, dans la banlieue nord de Paris, à Saint-Denis, qui est aussi le lieu où il est fait mention pour la première fois de la présence en 1427 de personnes romanis en France.

« L’organisation politique radicale c’est un art qui consiste pour des personnes en situation de subalternité, à construire du pouvoir pour rétablir la justice et réconquérir leur dignité »

 

Je vous parle aujourd’hui en tant qu’organisateur politique radical car c’est à ce titre que j’ai co-fondé le mouvement du 16 mai.  L’organisation politique radicale c’est un art qui consiste pour des personnes en situation de subalternité, à construire du pouvoir pour rétablir la justice et réconquérir leur dignité. La maxime fondamentale de cet art politique c’est « il n’y pas de justice sans pouvoir ». Ce à quoi j’ai personnellement ajouté en tant que slogan de l’organisation Conatus que j’ai fondé pour exercé collectivement cet art : « les derniers sont les premiers ». C’est un slogan que j’emprunte à la bible, au nouveau testament, à Jésus Christ si vous voulez, mais je le tiens plus précisément du Pasteur Martin Luther King, organisateur politique radical, qui a été un des leaders du mouvement des africain américain pour les droits civiques. Si l’organisation politique radicale est comme un art martial, Martin Luther King, et sa révolution non violente, est notre Bruce Lee. 

Je vous parle de ça car le mouvement romani résistance, le mouvement du 16 mai, l’histoire de la révolte du « camps des familles tziganes  d’Auschwitz-Birkenau », le 16 mai 1944, est une histoire de pouvoir. Plus exactement cela raconte comme utiliser l’histoire et les histoires comme une technique de leadership pour construire du pouvoir, et œuvrer à la justice, non seulement, la justice mémorielle, mais la justice pour maintenant. 

 

« Les hommes et les femmes et les enfants qui arrivaient dans la commune depuis le kosovo voisin où venait de s’achever la guerre sur terre et la campagne de bombardement »

 

A l’âge de 17 ans, où j’ai commencé à être un peu aventurier. C’était précisément ma dernière année de lycée, et c’était aussi l’année de la guerre du Kosovo où les gouvernements européens et américains bombardaient la Serbie et le Kosovo pour mettre fin à cette guerre. J’étais perplexe devant les excès de la propagande d’Etat dans mon pays qui justifiait cette campagne de bombardement. Comme je voulais devenir écrivain et faire de la politique,  j’ai décidé que ma place était au milieu des gens là-bas à essayer de me rendre utile au milieu de la catastrophe, et que j’apprendrai plus là-bas qu’en allant écouter des gens savants parler à l’université. 

 

Là-bas fut ma première profonde et longue rencontre avec des homme, des femmes romanis. J’avais dix-huit ans. J’étais dans la commune de Suto Orizari, que la plupart d’entre vous j’imagine connaissent. Lieux extraordinaire dans la banlieue de Skopje, capitale de la Macédoine du Nord, seule commune au monde à l’intégralité du conseil municipal, dont le maire, appartient à la nation  romani, où les enfants et les adolescents dans les écoles et les collèges apprendre en romani la la langue romani littéraire écrite par ailleurs par des artistes qui habitent, pour certains, dans leur rue, dans leur quartier, la langue que chacun parle, dans ses différentes variantes locales, au magasin, à l’hôpital, sur le marché. Langue par ailleurs que là bas j’ai apprise et que je parle maintenant plus de vingt ans après quotidiennement avec ma fille. J’étais accueilli  là-bas dans une petite organisation sociale dont la majorité des employés étaient romani et qui s’occupait d’identifier, enregistrer, accompagner dans l’accès à leurs droits, les hommes et les femmes et les enfants qui arrivaient dans la commune depuis le kosovo voisin où venait de s’achever la guerre sur terre et la campagne de bombardement. 

Les histoires que j’entendais et que vous entendez certainement depuis l’enfance, les histoires et les grandes déclarations qui fondent la civilisation européenne contemporaine peuvent se résumer à un slogan, en une morale « plus jamais ça » !

J’ai alors  écouté les récits que les gens faisaient de la guerre aussi absurde que violente qui les avaient chassés de la terre à laquelle ils appartenaient, depuis des siècles, au milieu de l’Europe. J’ai senti, confusément d’abord, c’est-à-dire, dans mon cœur, que les principes et les valeurs portées par les histoires que depuis l’enfance partout, j’entendais, à l’école, dans les livres, les principes et les valeurs qui fondent l’Europe, en tant que civilisation, n’étaient ici d’aucune réalité : la dignité de chaque être qui doit être protégée par le droit qui lui appartient, parce qu’il est un homme, ou une femme, ou un enfant : la dignité que se doit de garantir en chacun institutions, les Etats, les Organisations Internationales, la Commission Européenne. 

« Or ici, quelque part en Europe, les enfants, les femmes, et les hommes d’une minorité nationale avaient presqu’intégralement été chassés de la terre, du pays auxquels ils appartenaient, par les haines racistes et nationalistes »

Toutes les histoires, toutes les grandes déclarations étaient ici lettre morte en face des petites récits des gens qui nous racontaient la détresse au milieu de laquelle ils étaient et plus encore la détresse de ceux qui n’avaient pu partir, et qui étaient restés, au milieu de la haine nationalistes des uns et des autres. Et surtout au milieu des armes, du feu qui ne s’était pas tout à fait éteint dans la ville de Mitrovica, dans le nord du Kosovo, où des hommes, des femmes, des enfants, romani étaient protégées par l’ONU, dans un camp, construit sur une terre empoisonnée par le plomb, qui, alors même qu’ils avaient survécu à l’incendie de leur quartier, à la folie meurtrière des nationalistes d’un camp et de l’autre, le tuaient, lentement, par en-dessous, si je puis dire, sous la responsabilité de l’organisation intergouvernemental fondée après la seconde guerre mondiale pour protéger les enfants, les hommes, et les femmes, lorsqu’ils sont mis en danger par l’Etat dont ils sont les citoyens. Le contingent de l’Onu responsable de cette catastrophe était français, je sentais dans mon cœur que par ce désastre j’étais particulièrement concerné. 

Les histoires que j’entendais et que vous entendez certainement depuis l’enfance, les histoires et les grandes déclarations qui fondent la civilisation européenne contemporaine peuvent se résumer à un slogan, en une morale « plus jamais ça » ! Plus jamais des enfants, des hommes, et des femmes ne doivent être placés dans l’état de détresse où d’indignité où ils ont été placés par les haines racistes et nationalistes dans la seconde guerre mondiale. Or ici, quelque part en Europe, les enfants, les femmes, et les hommes d’une minorité nationale avaient presqu’intégralement été chassés de la terre, du pays auxquels ils appartenaient, par les haines racistes et nationalistes, et ceux qui restaient achevaient de mourir sous la responsabilité de l’organisation des nations unies chargées de les protéger, dans un état affaiblissement collectif organisé qui n’avait pas d’équivalent en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale. 

 (La suite dans le prochain épisode….)

L’histoire du « collectif des mamans »- Épisode 9/9 : «Le champ de bataille c’est le cœur des gens »

L’histoire du « collectif des mamans »- Épisode 9/9 : «Le champ de bataille c’est le cœur des gens »

Récit de bataille

Le champ de bataille c’est le coeur des gens

Épisode 9/9 : « Le champ de bataille c’est  le coeur des gens »

Par Pierre Chopinaud

 

 

(Précédemment…)

Mais rien à faire: aucun mot n’arrivait à lui redonner courage. La peur et la résignation avait repris le dessus : sa peur de maman était le lieu de notre naufrage. Elle refusait d’agir et c’était son droit le plus impérieux. De son point de vue elle n’avait rien à perdre que ce qu’elle estimait perdu déjà comme il avait été pour elle perdu à la naissance : la dignité de son enfant.

Il faut parfois pour un bien plus grand passer par un bien moins grand : voire un petit mal. C’est l’éternelle question du rapport de la fin et des moyens

Le champ de bataille est dans le coeur des gens. Et l’histoire est impure. Il faut parfois pour un bien plus grand passer par un bien moins grand : voire un petit mal. C’est l’éternelle question du rapport de la fin et des moyens. Et pour bien comprendre, pour vaincre la peur dans la coeur de Marina,  le collectif des mamans  a du cette fois y  faire croitre une peur plus grande encore. C’était un dilemme moral. C’est mal de forcer quelqu’un à faire quelque chose qu’elle ne veut pas. Mais abandonner le combat pour  être moralement pur c’était condamné tous les enfants comme la fille de Marina à ne jamais aller à l’école. C’était perdre tout ce que le collectif avait gagné depuis un an, et plus encore c’était faire perdre les enfants ici mais aussi en Guyane, à Mayotte, tous les enfants de France qui vivent en Bidonville. N’était-ce pas un plus grand mal encore ? A quoi servirait notre conscience pure en face des milliers d’enfants qui retomberaient dans le sac à ordure des vies qui ne comptent pas. 

Ce problème est vieux comme le monde, aussi vieux que David et Goliath. Et bien souvent les militants y répondent avec leur tête, avec leur raison, comme le philosophe allemand “des lumières”  Emmanuelle Kant : “agis chaque fois et partout de telle sorte que la maxime de ton action soit vraie universellement”. Si je mens une fois, je fais une loi du mensonge. Aucune fin juste  ne  justifie un moyen injuste. Un moyen mauvais corrompt sa fin. 

dans le champ de l’action ou autour de lui, ceux qui préfèrent garder la conscience absolument pure, du moins suivant l’idée qu’ils s’en font (car les règles de la pureté sont relatives à chacun), sont bien souvent ceux qui n’ont pas nécessairement besoin du changement recherché par l’action

Mais les stratèges de son temps  répondaient à Emmanuel Kant : “toi le philosophe, dans ta chambre, tu as les mains propres, mais c’est parce que tu n’as pas de main” : ce qui veut dire : tu es un homme qui ne connaît pas l’action. Car le champ de l’action n’est pas celui de la rationalité pure et la loi morale ne fonctionne que pour celui qui ne fait rien. Celui-là aura toujours la conscience tranquille. 

 

C’est pourquoi dans le champ de l’action ou autour de lui , ceux qui préfèrent garder la conscience absolument pure, du moins suivant l’idée qu’ils s’en font (car les règles de la pureté sont relatives a chacun), sont bien souvent ceux qui n’ont pas nécessairement besoin du changement recherché par l’action. Ils ont souvent plus besoin de la pureté de leur conscience que de se salir les mains. 

 

Or les membres du collectif des mamans avaient toutes nécessairement besoin du changement qu’elles cherchaient en agissant : car il en allait de la dignité de leurs enfants ; c’est cette vive conscience du besoin de changement qui les avait mise en action et leur avait faite construire du pouvoir, gravir des marches, et remporter des victoires. 

 

Elles n’avaient pas pu convaincre par l’espérance  Marina de poursuivre le combat, elles ne perdraient pas toute la guerre pour autant, elles la convaincraient en la “terrorisant”. C’est l’avocate qui prit la responsabilité de se salir les mains.  La peur l’empêchait d’agir, la peur la forcerait. Maître Anina Ciuciu dit que si elle ne se présentait pas au conseil d’Etat, elle lui facturerait l’ensemble de la procédure depuis le début du combat. Elle aurait une dette immense à son égard et ’elle ne la lâcherait pas. C’était du bluff bien entendu. Marina avait vu Anina prête à se battre contre le Ministre elle n’était pas prête à se battre contre Anina : plutôt affronter son mari.

Marina avait eu peur d’Anina mais maintenant elle était fière et heureuse : elle avait avec les autres gagner non pas seulement contre la dame au guichet, non pas seulement contre  la mairesse, non pas seulement contre le recteur, mais contre le Ministre de l’Education, contre  l’Etat 

 

Le jour J elle était prête,parmi les autres mamans, à entrer dans la salle  du conseil d’Etat. Nous avions déclenché l’offensive. Le nom de la mairesse et de la fille de Marina était partout sur les réseaux sociaux. Il y avait déjà des articles dans la presse. Le gens partout en France,  par milliers signaient la pétition. Les mamans du collectif, habillées comme pour aller à l’église, entraient dans les grandes salles d’or et de pourpre du Palais Royal où se tient la plus haute juridiction de la République Française afin de reconquérir la valeur de la vie de leurs enfants. 

 

Pour esquiver la condamnation, le ministre le jour même appela en personne la mairesse de l’école de la commune pour la forcer à inscrire la petite fille à l’école. C’était une course contre la montre : si elle était inscrite avant que le juge ne se prononce : la République française esquiverait l’humiliation. Imaginez la tête de la mairesse ce matin là devant son téléphone?  Imaginez la tête du juge du tribunal de montreuil qui avait donné raison à la mairesse contre Marina ? Imaginez la tête du recteur qui peut-être lui en avait, d’une façon ou d’une autre donné l’ordre ?

 

“Elles avaient tué le “grand boss”, gagner le jeu. La partie était finie.”

A la sortie du conseil d’Etat les mamans sortirent une grande  banderole, leurs enfants couraient et jouaient entre les célébres colonnes noire et blanche de Buren. L’enfant avait été inscrit, le Ministre n’avait pas été sanctionné, mais nous avions gagné ! Et déjà  nous le racontions, la presse était là : “ un collectif de mères en précarité à gagner contre l’Etat” écrivait le lendemain la journaliste de Mediapart qui depuis le premier jour suivait notre aventure.  La maman de Maria avait eu peur d’Anina mais maintenant elle était fière et heureuse : elle avait avec les autres gagner non pas seulement contre la dame au guichet, non pas seulement contre  la mairesse, non pas seulement contre le recteur, mais contre le Ministre de l’Education, contre  l’Etat. 

 

Elles avaient tué le “grand boss”, gagner le jeu. La partie était finie. 

 

Le recteur, si toutefois, il n’était pour rien dans l’invraisemblable décision du juge avait fait une irrémédiable erreur. En croyant nous écraser il nous avait donné une arme pour frapper plus fort. Notre droit était plus encore enfoncé dans le marbre de la loi. Le ministre avait du frapper du point sur la table et son coup avait du retentir à tous les étages de l’administration. 

 

Quelques semaines après nous apprirent que le recteur avait été démis de ses fonctions. Etait-ce  à cause de notre campagne ? Nous n’en aurons jamais la certitude. Reste que nous, petite conclusion finale. 

 

“Nous avions non seulement affecté la structure mais nous l’avions en profondeur transformée”

 

 

Les jours suivants, à nouveau le téléphone de Lucile s’est remis à sonner dans son bureau Askola. C’était les habituels bureaucrates. Ils appelaient pour faire des menaces et annoncer que l’’administration se réformait. Le service du recteur désormais interviendrait immédiatement lorqu’un maire empêcherait un enfant d’entrer à l’école. Mais en retour il fallait ranger les armes : plus de presse, plus de tribunal. En effet, depuis ce jour, le rectorat intervient systématiquement lorsqu’un refus illégal est signalé et le maire s’exécute. Nous avions non seulement affecté la structure mais nous l’avions en profondeur transformée, du moins localement.

 

Mais les menaces étaient pressantes : les bureaucrates avaient été forcés de réformer leurs pratiques mais de toute évidence ça leur avait coûté et ils n’attendaient qu’une chose c’était de le faire payer. 

 

Quelques semaines plus tard arriva la conclusion de la procédure collective en justice. Celle qui était associée à la grande action de lancement de campagne : “la rentrée des…”  Devant les menaces et intimidations des bureaucrates, notamment de supprimer les fonds publics de Askola (qui en avait terriblement besoin pour son travail quotidien de médiation scolaire) l’équipe des meneuses réunit décida qu’il valait mieux ne pas faire de coup d’éclat. 

 

A l’occasion nous avons appris que le recteur avait été remplacé : était-ce à cause de nous ? Nous le savons pas. Mais nous  nous plaisons à le penser. 

“Nous avons conquis une île mais c’est l’archipel qu’il faudra aborder. le combat pour la justice n’est jamais rassasié. C’est pour ça que depuis des milliers d’années le combat de David contre Goliath est mené et raconté…”.

En fin de compte : le loup avait fini non seulement par se faire taper dessus, mais par quitter le bois.  Et nous avons encore gagné : les maires et le nouveau recteur ont été à nouveau condamnés. Nous ne l’avons pas crié sur les toits. l’Association Askola avait été mise financièrement en danger. Et le grand changement, de façon inattendu, nous l’avions accompli avant ce grand final. Nous avions gagné ? Pas tout à fait.

 

 Car nous savons que si le gens de pouvoir grâce à nous ont changé leur pratique, ils ne le font que lorsque les services du rectorat sont saisis contre un maire par un parent qui connaît la procédure. Qu’en est il des centaines, des milliers de parents qui vivent en bidonville, en squats, à la rue et qui arrivent seuls au guichet ? C’est sans doute pour s’autoriser à mépriser encore la vie de leurs enfants que les  bureaucrates en cédant au collectif des mamans se sont souciés de menacer l’équipe de Askola. 

 

Nous avons conquis une île mais c’est l’archipel qu’il faudra aborder. le combat pour la justice n’est jamais rassasié. C’est pour ça que depuis des milliers d’années le combat de David contre Goliath est mené et raconté….

 

A suivre…

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